Samedi 2 février 2008
 
Comment conclure une dissertation ?


Souvent, la conclusion est hâtivement rédigée en fin de parcours et, il faut le dire, parfois  bâclée.

Pourtant, elle est très importante, car elle laisse le dernier goût "en bouche", à la manière d'un grand millésime (à boire avec modération et sans alcool pour les mineurs !). Elle permet de vérifier que l'élève sait faire le point sur le fruit de sa réflexion, prendre un peu de recul et pourquoi pas entrevoir ce qui pourrait être le prolongement de cette réflexion.


Une conclusion doit donc être ainsi construite :


D'abord, faire le point sur les résultats de notre réflexion. L'heure n'est plus aux questions, mais au bilan. Insistez sur ce que vous avez prouvé et démontré, et employez le conditionnel pour les  arguments ou les démonstrations qui restent fragiles ou l'objet de débats non tranchés.


Ceci fait, il est temps de finir. Les professeurs vous ont toujours parlé de la fameuse phrase d'ouverture du sujet. En SES, vous pouvez, par exemple, vous appuyer sur l'actualité pour attirer l'attention sur l'un des enjeux à venir du débat, son prolongement ou bien encore un élément proche du sujet, mais impossible à traiter dans la dissertation étant donné la problématique.


Voici un exemple de conclusion, rédigée par le professeur pour le sujet sur la classe ouvrière (voir les articles "apprentissage de la dissertation").


    Les ouvriers n'ont pas disparu, mais ils sont moins visibles. En trois décennies, après avoir été la première force productive du pays et la figure centrale de la société salariale, ils ont été numériquement et sociologiquement laminés par la modernisation technologique et managériale des entreprises, les délocalisations et la perte de leurs repères traditionnels.
    La classe ouvrière ayant déserté le discours social et politique, qui la remplace ? Un premier point de vue insiste sur la « constellation centrale » des classes moyennes, vaste ensemble assez flou. Un second point de vue voit dans le regroupement des ouvriers, des employés et des classes moyennes « déclassées », une « classe populaire » frappée par la précarité et la vulnérabilité aux risques socio-économiques. Dans les deux cas se posent le problème de la conscience de classe qui, selon Karl Marx ou plus récemment Louis Chauvel, est nécessaire à l'existence d'une classe sociale.

    Les mouvements de grève de février 2008 chez les employés de la grande distribution augurent peut-être d'une telle prise de conscience...

par Boris Adam publié dans : Méthodologie du Bac
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